Campagne ministérielle : Tous coupables, arrêtons-les !

Le « manbashing » est à la mode. Dernier exemple en date, la campagne du ministère des femmes (femmes.gouv.fr)  « Arrêtons-les ».

Un tapissage de cinq hommes, tous présentés comme coupables avant d’avoir été jugés de divers présumés délits à caractère sexuel. Arrêtons nous un instant sur le message en filigrane. Généralement lorsque les policiers procèdent à un tapissage, ils ne mettent pas cinq coupables devant la présumée victime. Ils glissent parmi les protagonistes des personnes sans rapport avec l’affaire afin de s’assurer que la présumée victime va correctement identifier son présumé agresseur.

Dans cette campagne ce n’est pas le cas, tous les hommes sont coupables et ce dès le stade de l’enquête policière. Ni présomption d’innocence, ni état de droit. Si on vous désigne comme agresseur sexuel vous l’êtes et ce dès le poste de police.

Vous remarquerez que chaque vidéo  est accompagné d’un doigt accusateur avec l’injonction « Maintenant vous savez » digne des pires cauchemars Orwéliens.

Ce doigt tendu c’est qui ? L’Etat ? Marlène Schiappa notre « Big mother » ? Le ministère des femmes (femmes.gouv.fr), les citoyens se contrôlant eux-mêmes ? En fait c’est tout le monde et personne, ce qui est le propre d’un totalitarisme soft.

Quand à l’injonction « La honte doit changer de camp ! » du ministère elle glace d’effroi. Depuis quand l’Etat  positionne son action sur le thème de la honte qui est certainement pas du registre du droit ?

La prochaine étape, après les mises au pilori médiatique à coup de tweets #Balancetonporc, est-elle de raser les têtes des personnes accusées en public ou leur faire porter un signe infamant ? Une tête de porc cousue sur leur veste ?

Cette campagne signe  de façon très nette un glissement inquiétant et  la déliquescence de nos principes républicains.

Que peut-on espérer cependant, quand il s’agit avant tout de communiquer à coup de visuels qu’il faut « partager massivement » !.

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